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Cellulaires en classe : la décision appartient aux enseignants

27 mars 2019 - 15:25

Stéphanie Desrosiers a vu l’évolution de la présence des cellulaires en classe durant ses douze années d’enseignement au centre d’études collégiales de Montmagny. (Crédit photo : Katy Desjardins)


Katy Desjardins

Le gouvernement de l’Ontario a annoncé le 12 mars que les cellulaires seront interdits en classe dans les écoles publiques à partir de la rentrée scolaire de septembre 2019. Toutefois, les professeurs québécois pensent-ils que le Québec devrait suivre cette trace ? Professeure de chimie au centre d’études collégiales de Montmagny, Stéphanie Desrosiers croit que le choix de bannir ces appareils en classe devrait revenir aux enseignants, car ils sont les seuls à pouvoir décider si ceux-ci nuisent à leur classe.

Suite à l’annonce du gouvernement ontarien de bannir les cellulaires durant les heures d’enseignement dans toutes les écoles publiques de cette province, le ministre de l’Éducation du Québec, Jean-François Roberge, a rapidement annoncé qu’il ne suivrait pas la province voisine.  Selon lui, la décision relève des professeurs et non du gouvernement.

Stéphanie Desrosiers est professeure de chimie au centre d’études collégiales de Montmagny depuis maintenant 12 ans. « Quand j’ai commencé, c’est sûr qu’il n’y avait pas beaucoup de cellulaires, mais maintenant c’est pas mal tous les élèves qui en ont un. » Elle ne croit toutefois pas que l’arrivée de ces appareils dans sa salle de classe a eu un impact sur l’écoute ou la réussite de ses élèves. « Mes élèves réalisent rapidement que la matière que j’enseigne ne s’apprend pas facilement dans les livres, explique-t-elle.  Ils lâchent rapidement leur cellulaire quand ils réalisent qu’ils ont besoin de m’écouter pour passer mes examens. Ça semble être la même chose en mathématiques et en physiques. »

Elle mentionne aussi que la situation semble plus difficile pour les professeurs de cours généraux comme le français et la philosophie, car les élèves ont souvent moins d’intérêt pour ces cours. Pour ces raisons, elle croit que la décision d’interdire ou non les appareils doit revenir aux enseignants. Par exemple, elle trouve inutile d’interdire les appareils dans sa salle de classe, car ils ne nuisent pas à la réussite de ses élèves alors que certains professeurs ont à le faire. C’est donc, à son avis, seulement les enseignants qui peuvent décider de ce qui est mieux selon les besoins de leur classe.

Au total, Mme Desrosiers est d’avis que l’interdiction des cellulaires n’empêcherait pas les élèves de s’en servir dans les salles de classe. Ceux qui voudraient vraiment s’en servir le feraient probablement quand même, mais de façon plus discrète. Selon elle, il ne s’agit donc vraiment pas de la solution idéale.

Facile de tricher 

Mme Desrosiers trouve toutefois que l’appareil en classe pose problème à une occasion : les examens. Depuis que cet appareil est dans les mains de ces élèves, elle trouve la surveillance d’examen plus stressante qu’elle ne l’était au début de sa carrière. « J’ai toujours un peu peur qu’un étudiant trouve une façon de tricher avec son cellulaire. » Afin de diminuer cette crainte, elle demande donc aux étudiants de déposer leurs appareils sur son bureau en avant de la classe et de le récupérer en sortant. Un élève qui se ferait prendre avec son cellulaire obtiendrait zéro à son examen.

Le ministre de l’Éducation du Québec croit que c’est aux instances locales de gérer le cas des cellulaires en classe. (Crédit photo : Katy Desjardins)

« Mes élèves ont besoin des cours afin de comprendre ma matière. S’ils passent le cours sur leur cellulaire, tant pis pour eux. Ils apprennent assez vite à ne pas faire ça », explique Stéphanie Desrosiers. (Crédit photo : Katy Desjardins)