QUÉBEC – Au menu du Pub Gallway mercredi dernier: «Contaminants d’intérêt émergent» accompagnés d’une bière. Le bar des sciences organisé par l’Association des Communicateurs Scientifiques avait pour but d’informer le public sur nos connaissances actuelles et les enjeux des Contaminants d’Intérêt Emergent (CIE). C’est attablés autour d’un souper que quatre spécialistes et une vingtaine de personnes ont discuté de ces contaminants qui préoccupent de plus en plus.
Si ces problématiques sont soulevées au sein du gouvernement et de la communauté scientifique, peu de réponses précises sont fournies aux interrogations de la population comme l’explique Valérie Levée, communicatrice scientifique qui a participé à l’organisation de l’évènement.
Un CIE «c’est un produit chimique qui peut présenter une menace potentielle que ce soit pour la santé ou l’environnement, et qui ne fait pas encore l’objet de critères ou de normes», a expliqué Mélanie Desrosiers, écotoxicologue qui travaille pour le Ministère du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs. D’après elle, il y a actuellement 20 000 molécules qui sont étudiées par le gouvernement fédéral.
Si ces préoccupations nous concernent tous, la population semble ne pas encore percevoir les enjeux. Pour Mélanie Desrosiers «les préoccupations sur les contaminants ne sont pas encore complètement rendues à l’échelle de M et Mme tout le monde.» Pourtant ces produits se retrouvent dans notre environnement et ont de possibles impacts sur notre santé, celles de nos enfants, et sur les écosystèmes qui les accumulent.
«Je constate qu’il y a une certaine inculture scientifique dans la population, ou un désintérêt pour la science et je me demande comment on peut se faire une idée sur la question sans un minimum de compréhension de la chose scientifique», a déclaré Valérie Levée préoccupée par le partage de la science. Comme le révèle ce bar des sciences, c’est là que la communication scientifique auprès de la population prend toute son importance.
Du côté des panélistes, Rino Dubé, ingénieur civil en environnement a témoigné son intérêt pour l’échange : «Dans notre monde scientifique on a tendance à être bien au fait de la situation et des problématiques. Je trouve ça très intéressant de pouvoir les exposer et les vulgariser à un public», a-t-il dit.
Cet évènement permet donc aux citoyens de poser des questions aux quatre panelistes issus de milieux de travail différents et qui présentaient une diversité de points de vue et d’approches du sujet. Valérie Levée explique que le but est «non pas d’écouter passivement ce que des scientifiques auraient envie de dire», mais que les personnes du public posent des questions et parlent de leurs préoccupations. En revanche, comme elle le souligne, il reste encore à aller chercher un public plus large «car pour le moment, nos bars des sciences ne vont chercher que des publics déjà convertis à la science.»



















