Thomas Ross, étudiant en informatique à l’Université Laval, refuse de réduire sa consommation de lait mais se dit prêt à faire des efforts sur d’autres produits comme la viande (Crédit photo : Aline Richermoz)

Les consommateurs québécois payent leur lait plus cher depuis le 1er février. Cette décision de la Commission canadienne du lait aidera les producteurs à contrebalancer la hausse des coûts de production attribuable à la pandémie. Thomas Ross, étudiant québécois en informatique à l’Université Laval, est prêt à payer plus cher pour son lait par solidarité.

« Il a augmenté de 20 sous », signale Thomas Ross, étudiant en informatique de 21 ans. Dernièrement, lorsqu’il a fait ses courses hebdomadaires, la hausse du prix du lait, entrée en vigueur le 1er février, ne lui a pas échappé. Pour 2022, la société d’État a ordonné que le prix du lait, payé aux producteurs, augmente de 6,31 $ l’hectolitre (100 litres).

Cette décision aura pour effet d’augmenter de 8,4 % en moyenne le coût du lait utilisé pour fabriquer des produits laitiers destinés aux secteurs du détail et de la restauration. C’est presque deux fois plus élevé que le dernier record de 4,52 %, en 2017. Pour autant, Thomas Ross refuse de se priver de lait. « J’aime trop ça ! », ricane le jeune homme. Selon lui, c’est une « source de nutriments importante » qu’il est prêt à payer plus cher.

L’étudiant achète du lait une fois par semaine. « Pour le café du matin surtout ! », précise-t-il chariot de courses à la main. Les coûts de production ayant augmenté pour les producteurs, il trouve cela justifié que les prix croissent aussi pour les consommateurs. « On a pas mal besoin d’eux autres aussi », reconnaît-il. Cette augmentation vise à aider les producteurs à mieux absorber la hausse des coûts de production attribuable à la pandémie, notamment ceux associés aux aliments pour animaux, à l’énergie et aux engrais.

Quand on se compare…

Thomas Ross s’estime « chanceux » puisqu’au Québec, les consommateurs payent leur lait de 4 à 6 % plus cher, dépendamment du taux de matière grasse. C’est moins qu’ailleurs au pays. Cette décision vient de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec. La province québécoise est la seule où ce prix est réglementé. Dans les autres provinces, le prix de détail du lait dans les épiceries pourrait augmenter jusqu’à 10 %.

Lors d’une entrevue récente à Radio-Canada, le directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse, Sylvain Charlebois, a expliqué que cette augmentation des prix du lait à la ferme devrait faire augmenter ceux du beurre, du fromage et du yogourt jusqu’à 15 %. « Là, c’est sûr que ça fait beaucoup. Mais, en même temps, c’est cohérent avec la hausse de prix des autres produits », affirme Thomas Ross.

L’étudiant fait allusion au prix de la viande qui a connu une croissance de 11,8 % en cinq ans. Tout comme les œufs et le poisson dont les prix ont respectivement augmenté de 20,6 % et de 7,7 %, d’après l’Indice des prix à la consommation. « Le prix de la viande est trop élevé. C’est exagéré », se plaint le jeune homme. Selon lui, les prix des produits de première nécessité devraient « croître graduellement en fonction du niveau de vie des citoyens ».

Les coûts de transformation du lait, entre autres pour le conditionnement, la main-d’œuvre et le transport, auraient augmenté de 5 % avec la pandémie de Covid-19. (Crédit photo : Aline Richermoz)
Le prix du lait à la ferme est déterminé annuellement par la Commission canadienne du lait, puis approuvé par les autorités provinciales avant d’entrer en vigueur. (Crédit photo : Aline Richermoz)