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Média-école des étudiants en journalisme

Arts martiaux : un remède à l’anxiété

16 octobre 2019 - 08:53

« À Québec, la boxe muay thaï commence tranquillement à se faire connaître », constate Grégory avec optimisme. (Crédit photo : Malia Kounkou)


Malia Kounkou

La semaine de relâche automnale arrive à grands pas, permettant aux étudiants de souffler et de se recentrer sur eux-mêmes avant les examens. Les arts martiaux peuvent représenter une aide comme l’explique Grégory, instructeur de boxe muay thaï au Centre Sampa Jiu-Jitsu du quartier Beauport de Québec. Selon lui, la structure et la discipline qu’inculquent les sports de combat représentent un atout autant sur le ring que dans la vie quotidienne.

L’approche de la fin de session est synonyme de stress croissant chez les étudiants. Une pratique sportive régulière constitue un bon moyen de maintenir sa paix intérieure. Le recours aux arts martiaux reste cependant timide. « Ça peut paraître bizarre, reconnaît Grégory, c’est un sport de combat, on frappe, on se bat… mais ça peut aussi calmer les gens. »

En effet, la capacité thérapeutique de ces disciplines venues d’Asie est souvent occultée par leur caractère bagarreur. La représentation qu’on en fait dans les productions hollywoodiennes reste assez unidimensionnelle et elles ne sont présentées que comme des activités d’élite. Or, selon Grégory, n’importe qui peut en faire l’expérience et en récolter les bienfaits.

Parmi ces effets positifs, une meilleure concentration. Qu’il s’agisse de kick-boxing ou de jiu-jitsu brésilien, il est important de rester alerte en tout temps afin d’anticiper les mouvements de l’adversaire et prévoir les siens. Savoir lire une situation et demeurer dans l’instant présent, en oubliant toute préoccupation extérieure, finit par devenir une seconde nature.

Cette vigilance constante s’accompagne d’une imperturbabilité face au danger. Les mises en situation factices entraînent l’élève à réagir avec sang-froid en situation de risque et à réemployer ce qui lui a été appris. Un parallèle peut être établi avec la maîtrise émotionnelle dont doit faire preuve un étudiant angoissé pour mobiliser ses connaissances devant sa copie d’examen.

Pratiquer les arts martiaux signifie aussi pratiquer sa confiance en soi. Chaque progrès est autant un succès qu’une leçon. Pas à pas, l’élève apprend à dépasser ses limites, connaître son propre corps et être en phase avec lui. Ce qui semblait physiquement insurmontable se révèle n’être qu’un blocage mental. Tout ceci résulte en une attitude plus positive et sûre, envers le monde comme envers soi-même.

Un antidépresseur naturel

Une étude d’avril 2019 parue dans Berkeley News dresse ce constat inquiétant : en 10 ans, le taux d’anxiété chez les étudiants de 18 à 26 ans a doublé. Les générations Y et Z sont aux prises avec un degré de stress inédit. Grégory voit dans les arts martiaux une parfaite évasion : « Les gens arrivent ici, frappent deux-trois coups dans un sac et se sentent déjà plus légers. C’est un peu un antidépresseur naturel. »

S’ajoute à cela le caractère social d’une salle où tout le monde se connaît et où personne ne se juge.  L’endroit devient une seconde maison dans laquelle chacun trouve les outils nécessaires pour ici comme ailleurs.

Le Centre Sampa Jiu-Jutsu réunit depuis près de huit ans les amateurs d’arts-martiaux de la ville de Québec dans un esprit de camaraderie. (Crédit photo : Malia Kounkou)