La séquence, repartagée sur la page Facebook du magazine 100 % CHASSE PÊCHE, montre un groupe d’hommes pourchassant un orignal à bord d’un véhicule, en pleine nuit, avant de l’abattre. Rapidement devenue virale, la vidéo a entraîné une vague de réactions en ligne et a poussé Bernard Drainville, le ministre de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, à dénoncer la situation.

Le chemin Lacroix débute à Causapscal et se rend très loin dans l’arrière-pays gaspésien. L’acte de braconnage se serait déroulé dans le secteur au centre des marqueurs rouges, entre la réserve faunique de Matane, la route 299 et la communauté micmaque de Gesgapegiag (composition : Julianne Bernier avec Google Maps / L’Exemplaire).

L’événement se serait déroulé au kilomètre 86 du chemin Lacroix, à environ 20 kilomètres à l’ouest de la route 299, en Gaspésie. L’emplacement a été confirmé le lendemain matin par des chasseurs affirmant avoir entendu des coups de feu durant la nuit et avoir découvert les entrailles de l’orignal. D’après les premières vérifications, les actes commis dans la vidéo correspondraient à des actes de braconnage au regard de la réglementation québécoise. Voici pourquoi👇.

Il ne s’agirait pas du premier acte de braconnage répertorié dans la région. En décembre 2024, des cas similaires se seraient aussi produits, mais les agents de protection de la faune auraient été priés de ne pas intervenir, puisqu’il s’agissait de dossiers impliquant des chasseurs autochtones. Cette fois-ci, le ministre Drainville s’est dit « dégoûté » par la situation et a assuré qu’une enquête avait été ouverte afin d’éviter que de tels actes demeurent impunis.

La hausse des cas de braconnage observée partout au Québec ces dernières années pourrait s’expliquer par le manque grandissant de ressources allouées aux bureaux de la protection de la faune. En septembre, environ 17 bureaux régionaux comptaient seulement deux agents ou moins. Au total, seulement 252 agents sont actuellement en poste pour couvrir l’ensemble de la province, comparativement à près de 500 en 2018, selon les informations du Journal de Montréal.

Michel Baril, biologiste pour la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (photo : Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs).

« C’est un peu comme pour le Code de la route. On n’attrape pas tous les chauffards sur la route, mais s’il n’y avait pas de policiers, c’est clair que le nombre d’accidents augmenterait. C’est exactement la même chose dans le cas de la faune. Ça prend l’intervention des agents de protection de la faune pour garder le contrôle », rappelle Michel Baril, biologiste à la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP).

Le directeur général de la FédéCP, Marc Renaud, avait d’ailleurs manifesté son inquiétude, en août dernier, concernant cette baisse d’effectifs et l’éventualité que des bureaux de protection de la faune ferment dans certaines régions.