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TRAIC, un milieu de vie pour les jeunes en difficulté

26 novembre 2018 - 08:27

Le local du milieu de vie de TRAIC Jeunesse accueille des jeunes adultes aux prises avec des problèmes comme l’itinérance, la consommation de drogues ou d’alcool. Un milieu où règne la convivialité. Crédit : Alexandre Millier-Boucher.


Alexandre Millier-Boucher

L’organisme Travail de rue actions et initiatives communautaires (TRAIC) Jeunesse regroupe des travailleurs et travailleuses de rue de différents quartiers de la ville de Québec. Il permet d’aider des jeunes adultes en difficultés (consommation d’alcool et de drogues, prostitution, conflits familiaux, pauvreté, etc.). Plusieurs types d’intervention sont faites par l’organisme dont un milieu de vie qui accueille des jeunes pour des activités et discuter avec des intervenantes.

En 2007, quatre ans après son déménagement de Cap-Rouge à Sainte-Foy, TRAIC Jeunesse aménageait un milieu de vie où les jeunes adultes pouvaient se rendre et discuter avec les travailleurs de rue. En janvier 2017, Anthéa Martineau était embauchée comme intervenante et son mandat était de mettre en place ce milieu de vie avant son ouverture le mois suivant. Son rôle principal est d’accueillir les jeunes comme ils sont, dans leur situation dans laquelle ils se trouvent et de les aider dans certaines démarches notamment pour se trouver un logement et un emploi. dans cette vidéo, il est question des débuts du milieu de vie ainsi que les rôles des intervenantes qui y travaillent:

 

Des activités sont organisées dont le souper collectif mensuel intitulé PIMP (Plaisir incroyable de manger pas cher) mon repas qui permet aux jeunes de faire leur part dans la préparation et de le partager en groupe comme mentionné dans cette vidéo :

 

La majeure partie de l’équipe de l’organisme est composée de travailleurs de rue; le milieu de vie complète le travail des intervenants de rue. « On se complète par le fait que les travailleurs de rue peuvent sortir, faire des accompagnements dans le milieu du jeune. Si le travailleur de rue n’est pas disponible, les jeunes peuvent venir nous voir quand le milieu de vie est ouvert », dit Anthéa, qui fait équipe avec Karolane Pagé, embauchée au printemps 2018.

 

Karolane Pagé et Anthéa Martineau sont les intervenantes au milieu de vie de TRAIC Jeunesse. Crédit : Alexandre Millier-Boucher.

 

Avant d’être embauchée à TRAIC Jeunesse, Karolane y a fait les stages de son programme de technique de travail social au même endroit. Depuis ses stages, alors qu’elle prend des chiens en élève pour la Fondation MIRA, elle a d’abord amené Fuji pendant un an et, depuis quelques mois, Quinto. Cela permet aux jeunes de faire de la zoothérapie qui leur permet de « réduire le stress du quotidien. C’est un bel accueil pour ceux qui viennent au local », affirme Karolane. Elle parle dans cette vidéo des biens faits des chiens sur les jeunes:

 

 

Le travail de rue sur l’itinérance

Le travail de rue, selon le site Carrières en santé, est une forme d’intervention avec l’objectif principal d’aller vers les personnes qui vivent des situations particulièrement difficiles ou en rupture avec la société. Les travailleurs de rue rencontrent ces personnes soit dans des rues, des ruelles, des appartements ou des parcs.  Ce sont justement eux qui viennent en aide à des personnes avec des problèmes d’itinérance (sans domicile fixe), un phénomène en augmentation à Québec.

 

Selon Christian Gagnon, responsable du travail de rue et de l’organisation communautaire à TRAIC Jeunesse, lui-même ancien travailleur de rue, à défaut d’avoir un domicile fixe et aux conditions acceptables, les jeunes itinérants se tournent de plus en plus vers les maisons de chambres, qui normalement, étaient occupées par des personnes un peu plus âgées, habitant seules. Avec le coût des loyers qui augmentent à Québec, tout lui porte à croire qu’il y a une augmentation de l’itinérance dans la capitale nationale. Par ailleurs, le recensement du nombre d’itinérants au Québec sera dévoilé le 21 décembre prochain par le ministère de la Santé et des Services sociaux dans le cadre du « Plan d’action interministériel en itinérance 2015-2020 ». Dans cette vidéo, Christian Gagnon nous explique ce qui peut mener à l’itinérance avant une stabilisation de domicile:

 

 

« Ce n’est pas un milieu de vie qu’on choisit. Ce n’est pas un milieu de vie qui est facile, on ne choisit pas ses co-chambreurs, la salubrité laisse à désirer, c’est souvent difficile comme condition » – Christian Gagnon

Les conclusions du rapport de recherche intitulé « Le travail de rue : pratique « prometteuse » en matière de lutte à l’itinérance! Pratique « nécessaire » auprès des jeunes! », publié en 2014, montraient l’importance du travail de rue et de ceux qui travaillent auprès de cette clientèle vulnérable comme en témoigne ce passage inscrit à la toute fin du document: « Même avec un toit sur la tête, tous les marginalisés (itinérants) du monde ont besoin de support, d’accompagnement, d’encouragement… Le travail de rue occupe une place globale et primordiale dans ce champ d’intervention. »

 

Un bienfait sur les jeunes

Plusieurs jeunes se rendent au milieu de vie dont certains y vont régulièrement depuis son ouverture en février 2017. C’est le cas notamment de Ryan* qui a entendu parler du milieu de vie par sa travailleuse de rue comme plusieurs d’entre eux. « C’était plus proche de chez moi d’aller à cet endroit pour rencontrer d’autres personnes en plus de ceux que j’avais rencontré dans l’autre milieu de vie où j’allais avant », dit-il. Pour les jeunes, aller à TRAIC Jeunesse, c’est non seulement pour discuter avec les intervenantes, mais aussi pour briser l’isolement et rencontrer d’autres personnes qui ont vécu les mêmes problèmes qu’eux. Ryan raconte les effets bénéfiques sur sa propre vie dans cette vidéo et le témoignage des intervenantes de leur sentiment une fois leur journée de travail terminée:

 

 

*Nom fictif