Pendant longtemps, ces athlètes amateurs qui participaient à des épreuves de longues distances comme le marathon ou le triathlon étaient dans la marge. Depuis la pandémie de COVID-19, les sportifs de sports organisés se sont retrouvés devant un dilemme : s’assoir sur le sofa ou partir à la découverte de nouveaux sports.
Ainsi est née cette mode pour les sports qui se pratiquent souvent seuls, dehors et avec peu d’équipement. Mais cette tendance ne semble pas vouloir disparaitre de sitôt. Les inscriptions pour les événements d’endurance sont en hausse au Québec et partout dans le monde.
Le Ultra Running Magazine a recensé les inscriptions dans les événements d’ultra-marathon en Amérique du Nord depuis le début des années 2000. Les ultras-marathons sont les courses de plus de 42,2 kilomètres.
Avec deux marathons et un demi-Ironman derrière la cravate, Victor Thériault s’entraine maintenant pour une course d’ultra-trail cet automne. Pour Victor et beaucoup d’autres sportifs, les sports d’endurance sont une façon de demeurer actifs après la fin des études tout en gardant un élément de compétition. Dans ces sports, la compétition est souvent avec soi-même, dans le but de repousser ses limites toujours plus loin. C’est cette quête du dépassement qui motive Victor à s’entrainer pour une course de 80 kilomètres cet été et éventuellement un triathlon Ironman — 4,8 km de natation, 180 km de vélo et 42,1 km de course.

La quête du dépassement de ses limites jumelée à la portée des réseaux sociaux peut exercer une pression sur certains à toujours vouloir en faire plus. Pour Victor toutefois, le but n’est pas de comparer ses statistiques avec les autres et le plaisir doit toujours être priorisé.
Inscriptions en croissance
À Québec, la ferveur de la course à pied se fait sentir. Le marathon Beneva de Québec affichera complet le 4 octobre 2026 pour la quatrième année consécutive. Selon les chiffres de l’organisation datant de 2025, les inscriptions ont connu une croissance de 122% depuis 2022 et de 30% uniquement l’année dernière.
Le triathlon s’est aussi installé dans la Vieille capitale au cours des dernières années. Le Sail Challenge Québec offre la possibilité aux triathlètes de pratiquer cette discipline multisports directement dans la ville depuis 2024. L’événement présente des triathlons de type sprint, olympique, demi et Ironman complet depuis cette année.
Il existe aussi plusieurs événements d’ultra marathon au Québec. Pour n’en nommer que quelques-uns, les guerriers des sentiers peuvent s’inscrire au Québec Mega Trail (QMT) au mont Sainte-Anne, au Ultra-Trail Harricana du Canada dans Charlevoix, au Ultra-Trail des Chic-Chocs en Gaspésie et plusieurs autres à travers la province.
Les sports d’endurance ont souvent été une façon de combiner voyage et exercice, mais de plus en plus, les athlètes d’ici ont la possibilité de se dépasser à Québec et dans ses environs.
« Il y a une ligne dangereuse entre se dépasser et surpasser ses capacités. »
— David Gagnon

L’entrainement pour ces sports d’endurance n’est pas de tout repos. Le corps humain a besoin d’activité physique, mais est-ce que ces athlètes d’endurance ne dépassent pas la limite ? Le kinésiologue David Gagnon côtoie régulièrement des sportifs qui frôlent cette fameuse ligne. Il rencontre souvent des gens motivés par le dépassement de soi, mais le dépassement de soi peut être « une ligne dangereuse entre se dépasser et surpasser ses capacités. »
Les limites ne sont pas les mêmes pour tous les athlètes. Le coureur qui enfile ses espadrilles de course depuis 20 ans n’aura pas la même structure d’entrainement que la personne qui débute. La science montre que c’est important d’augmenter son volume d’entrainement progressivement, insiste David Gagnon et de ne pas se jeter hâtivement dans la gueule du loup parce qu’on voit nos amis réaliser des courses plus extrêmes les unes que les autres.
Le kinésiologue rappelle aussi que les bénéfices de l’activité physique ont été très bien documentés au fil du temps et qu’il est important d’être actif afin de « réduire le risque de complications et de diminuer le risque de mortalité de toutes causes sur le long terme ». De plus, les habitudes et la discipline que développent les jeunes adultes qui pratiquent ces sports peuvent leur permettre de rester actifs malgré les embûches de la vie. En d’autres termes, même si on fonce, la vigilance doit toujours rester de mise.





















