En 2022 et 2023, l’inflation sur les produits alimentaires a connu une forte hausse. Les catégories les plus touchées ont été les produits de boulangerie ainsi que les fruits et légumes. Le professeur d’économie à l’Université Laval, Arthur Silve, explique cette hausse par un choc de l’offre dans le secteur alimentaire. Ce type de choc survient lorsque l’approvisionnement en certains aliments est limité pour diverses raisons, alors que la demande, elle, demeure stable.

Pour la période de 2022, M. Silve souligne que ce choc d’offre et la flambée du prix du blé s’expliquent probablement par la guerre en Ukraine, qui a perturbé l’approvisionnement mondial. Le pic d’inflation est toutefois retombé en 2024, en raison du phénomène inverse, une reprise graduelle de l’offre et une hausse de l’accès à l’approvisionnement.
Les économistes demeurent prudents quant à l’évolution future de l’inflation. Il leur est difficile de prévoir si la légère hausse de septembre 2025 se poursuivra dans les prochains mois, notamment parce qu’un événement imprévisible, comme un autre conflit ou une crise d’approvisionnement, pourrait de nouveau bouleverser le marché.

Mesures temporaires
Lors de périodes semblables à celles vécues en 2022 et 2023, le gouvernement peut mettre en place des mesures temporaires afin d’atténuer les impacts de l’inflation sur les consommateurs. « Réduire les taxes sur certains produits de première nécessité pendant une période déterminée afin de permettre aux particuliers d’absorber la tempête » fait partie des solutions envisageables, selon l’économiste.
Cependant, pour lui, « le choc d’inflation est probablement trop court pour justifier que le Canada investisse massivement dans son agriculture » et il n’est pas plus convaincu par les mesures temporaires que les États autour du globe ont tendance à appliquer, comme les blocages de prix. Le professeur juge que ce mécanisme affecte surtout les agriculteurs locaux qui se retrouvent à vendre leurs produits à perte, en plus de se couper des producteurs internationaux. Toutefois, les chiffres observés actuellement ne nécessitent pas d’intervention du gouvernement canadien à son avis, car c’est « une situation qui ne se remarque pas vraiment pour la plupart des individus. »
















