Du 24 au 26 octobre dernier, les Jardins et le parc de l’Hôtel-de-Ville du Vieux-Québec ont été réaménagés en un cirque inspiré de l’époque victorienne et du steampunk pour accueillir l’Étrange Carnaval. Près de 20 000 personnes étaient de la partie pour vivre cet événement festif qui a animé le quartier.

La programmation comportait des animations et des spectacles allant du kiosque de la diseuse de bonne aventure jusqu’à la performance d’une artiste de feu. Des comédiens présentaient des jeux de kermesse, des échassiers déambulaient sur le site et plusieurs activités, comme des jeux d’adresse, étaient offertes pour attirer les gens.

« C’est un cirque étrange. Vraiment, l’Étrange Carnaval, ça le dit dans le nom », affirme Jeanne Couture, productrice déléguée de l’événement. Mme Couture souhaitait se démarquer des autres activités d’Halloween qui misaient sur la peur, entre autres, en raison de la tragédie survenue le 31 octobre 2020 dans le Vieux-Québec: « Il y a eu une espèce de traumatisme collectif pour les résidents et les entreprises du Vieux-Québec. Donc, l’idée, c’est d’amener du positif aussi dans cette fête d’Halloween. »

L’Étrange Carnaval est né d’un souhait de la Société de développement commercial du Vieux-Québec (SDC) de « générer de l’achalandage » et de permettre aux citoyens « de se réapproprier leur quartier » après la haute saison touristique, explique Xavier Bernier-Prévost, directeur général de la SDC. Ce dernier précise que l’Étrange Carnaval répond à une préoccupation à la fois économique et sociétale de ses membres. Il accorde une considération particulière aux familles, « qui ne trouvent pas toujours leur compte » dans la vieille ville.

Entre convivialité et prudence

Gratuit pour le public, l’Étrange Carnaval est financé par la SDC, par la Caisse Desjardins et par la Ville de Québec. La municipalité offre un budget chaque année aux regroupements de commerçants afin d’organiser des activités. Le but est « d’aider à la vie de quartier », « de créer un sentiment d’appartenance à sa ville », de tisser des liens entre « la communauté, les citoyens, les visiteurs qui sont de passage, les nouveaux arrivants et les commerçants » et ainsi, de rendre la ville « un endroit où il fait bon vivre », explique Jean-Pascal Lavoie, responsable des relations médias et porte-parole pour la Ville de Québec.

Interrogé au sujet de la sécurité mise en place pour l’événement, M. Lavoie a affirmé qu’il n’était pas plus préoccupé que pour « n’importe quelle autre activité ou rassemblement ». Il soutient que les attaques du 31 octobre 2020 étaient des événements « tragiques, mais isolés ».

William Robitaille, agent aux communications du Service de police de la Ville de Québec, explique que davantage de patrouilles sont affectées à la prévention dans les rues pendant la période précédant l’Halloween. Cependant, il précise que ce n’est pas en réponse aux attentats de 2020, mais bien parce qu’il s’agit « d’une fête populaire et qu’il y a plus de citoyens dans les rues ».

[Des personnes sont venues sur place malgré les nuages et la fine pluie, lors de la dernière journée de l’événement, dans l’après-midi du 26 octobre 2025.] (crédit photo : Corinne Goulet)