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L’alimentation en temps de confinement: faut-il s’inquiéter ?

16 avril 2020 - 15:52

Selon plusieurs spécialistes en nutrition, le confinement pourrait générer l’adoption de mauvaises habitudes alimentaires chez les Québécois, tel que le grignotage d’aliments riches en gras et en glucides. La durée du confinement étant inconnue, il est important que la population conserve une alimentation saine. (Crédit photo : Frédérique Bérubé)


Frédérique Bérubé

Confinés depuis près d’un mois, les Québécois connaissent un chamboulement dans leurs habitudes de vie et ont dû revoir leur routine quotidienne. Malheureusement, cette perte de repères peut conduire à du stress ou de l’anxiété et entraîner une réaction bien connue : manger nos émotions !

Plusieurs spécialistes en nutrition ont analysé la situation et sont du même avis : le confinement pourrait générer l’adoption de mauvaises habitudes alimentaires chez les gens. Manger alors que nous n’avons pas faim, manger trop, manger peu, manger gras, etc. 

Comme l’explique Debora Sloan, diététiste à Ottawa, « les gens sont stressés parce qu’il se passe beaucoup de choses en ce moment et ils pourraient faire plus de grignotage qu’ils ne le feraient s’ils étaient au travail ou à l’école ». Et qui dit grignotage, dit généralement malbouffe.

À Montréal, la docteure en nutrition Isabelle Huot, confirme qu’« en cette période de confinement, de stress et d’anxiété, on a tendance à manger beaucoup d’aliments sucrés, riches en glucides et autres chips et craquelins ». Selon elle, cette attitude provient du fait que les glucides augmentent la sérotonine, neurotransmetteur de bien-être qui entraîne un sentiment de bonheur éphémère. Après tout, quoi de mieux qu’un bol de crème glacée ou un sac de Rufflespour se changer les idées ?

Les Québécois pourraient ainsi être victimes « d’anxiété alimentaire », disent les experts, qui affirment que les crises de compulsion alimentaire et de restrictions se sont multipliées depuis le début de la pandémie. C’est plutôt inquiétant.

Rien n’est certain concernant la progression de la pandémie et donc de la durée de notre confinement. Et si rien n’est fait pour aider les gens à adopter de saines habitudes alimentaires, quel sera leur état de santé dans un mois ? Deux mois ? Voire plus ?

Les plus concernés

Vous me direz que nombreux sont ceux qui vont marcher ou courir, certes. Mais quelle est la proportion de ces gens versus ceux qui sont sédentaires ? Qui dit que la majorité des personnes qui bougent encore n’est pas celle qui s’entraînait déjà régulièrement avant l’isolement ?

Vous ajouterez qu’entre attraper le virus et gagner quelques kilos, la deuxième option est loin d’être dramatique, c’est vrai. Et que manger de la malbouffe une fois de temps en temps est tout à fait acceptable, je l’admets.

Mais je ne m’inquiète pas pour ceux qui continuent d’être actifs, d’avoir une alimentation équilibrée ou qui prendront deux ou trois kilos. Je m’inquiète pour les autres. Pour ceux qui préféreront jouer aux jeux vidéo toute la journée, ceux qui se feront fréquemment livrer du fast-food, ceux qui boiront beaucoup, aux grignoteurs de nature, aux anxieux, aux personnes présentant un trouble alimentaire ou un surpoids, j’en passe.

Bien que les services de santé aient particulièrement les yeux rivés sur la COVID-19, et avec raison, il ne faut pas oublier que la santé de certaines personnes peut être en jeu d’autres façons. Il faut alors se demander comment freiner les mauvaises habitudes alimentaires des gens avant qu’ils n’en tombent malades. Par exemple, pourquoi ne pas créer une campagne de sensibilisation qui serait diffusée à la télévision et sur le Web, au sujet des aliments sains à consommer et des bonnes habitudes de vie à préserver en temps de confinement ?