D’une capacité d’accueil de 50 individus, la salle dédiée à la Cheminée Nocturne sera remaniée pour les nuits. Des tables seront retirées afin d’offrir un espace où les personnes pourront s’asseoir au sol si elles le souhaitent. (Crédit : Chloé Pouliot)

Dès décembre, le Café rencontre sur la rue Saint-Joseph Est ouvrira ses portes, la nuit, pour accueillir les personnes en situation d’itinérance. Sous la responsabilité du YMCA Saint-Roch, ce lieu de répit permettra aux individus de se réchauffer et de se nourrir. Pour deux membres de l’équipe d’intervention du Café rencontre, l’initiative, baptisée la Cheminée Nocturne, répond à un besoin palpable avec la venue de l’hiver.

Cette initiative de la Ville de Québec et du Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale en partenariat avec le YMCA Saint-Roch vise à rendre accessible un espace intérieur de nuit, 7 jours sur 7, pour la période hivernale. Des lieux approchés, c’est le Café rencontre qui a accepté de céder leur local.

De 22h à 6h, deux intervenants du YMCA Saint-Roch et deux agents de sécurité seront sur place pour s’assurer du bien-être des personnes présentes et du bon déroulement de la nuit. Des boissons chaudes, de la nourriture et des couvertures seront offertes.

Au matin, l’équipe du Café rencontre prendra le relais. Marc Marcil, chef de l’intervention, et Klaudia Plante, intervenante, seront en contact avec les employés du YMCA Saint-Roch afin d’obtenir un compte rendu des nuits et agir en conséquence. Pour Klaudia Plante, cette décision de rendre disponible leur espace va dans le sens même des valeurs du Café rencontre.

Offrir plus qu’un lieu

La Cheminée Nocturne, « ce sont vraiment les besoins de base. Venir se réchauffer, prendre un café », souligne Marc Marcil. Il ajoute que les individus « vont pouvoir se canter, s’accoter sur une table. C’est un moment de répit, mais ce n’est pas de l’hébergement ». C’est pourquoi l’intervenant tient à rappeler que venir en aide aux personnes vulnérables est un travail d’équipe. Ouvrir un espace de nuit répond, selon lui, à un besoin. C’est une nouvelle offre de service parmi d’autres.

Au fil de l’hiver, Klaudia Plante s’attend à rencontrer des changements tant dans l’ambiance du Café rencontre que dans la clientèle : « C’est sûr que ça va aller rechercher plus de personnes. Ça va peut-être les inciter à venir manger après ». De jour au Café, des personnes en situation et à risque d’itinérance se côtoient dans la salle à manger.

Depuis l’annonce du projet, les avis récoltés par Klaudia Plante s’avèrent optimistes. Elle ne peut toutefois se prononcer si les personnes sans-logis qu’elle côtoie ont l’intention de venir à la Cheminée Nocturne : « Même s’ils sont encore instables et qu’ils sont à risque, les gens ne veulent pas s’imaginer qu’ils seront encore dans la même situation dans deux mois. Ils vivent beaucoup au jour le jour. » Puisqu’il s’agit d’une première pour le Café rencontre, des questionnements restent en suspens pour l’organisme aussi : « Tout le monde est en adaptation ».

Depuis le mois d’août, Klaudia Plante fait des interventions auprès des personnes itinérantes et des personnes logées, mais à faible revenu qui se rendent au Café rencontre pour les trois repas de la journée. (Crédit : Chloé Pouliot)
Soupe populaire, friperie, aide aux devoirs et service d’accompagnement figurent parmi les programmes déployés par le Café rencontre avec les années, et ce, depuis 1987. (Crédit : Chloé Pouliot)