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« Jusqu’au déclin »: imprévisible comme l’humain

17 avril 2020 - 15:11

Le premier film entièrement québécois produit par Netflix a été tourné dans les forêts de la région des Laurentides au Québec, lors de la saison hivernale. (Crédit photo : Évelyne Parenteau)


Evelyne Parenteau

Disponible en ligne depuis le 28 mars, Jusqu’au déclin est le premier film entièrement québécois produit par Netflix. Ce thriller, réalisé par Patrice Laliberté, met en vedette Réal Bossé, Guillaume Laurin et Marie-Evelyne Lessard dans la forêt hivernale québécoise. Il présente l’histoire de citoyens venant apprendre les pratiques avancées du survivalisme dans le camp d’Alain, un spécialiste qui vit de manière autonome sur sa terre depuis plusieurs années. Quand la formation prend une tournure tragique, la cohésion du groupe éclate et conduit à un déroulement rempli de rebondissements.

Le début du long métrage se déroule en pleine nuit dans la maison d’Antoine, un jeune père de famille, alors qu’il entraîne rapidement sa femme et sa fille hors de leur demeure. L’intrigue derrière les premières minutes mène habilement vers le sujet principal : le survivalisme.

Antoine reçoit un appel d’Alain, un survivaliste qui présente ses trucs dans des vidéos en ligne. Celui-ci l’invite à prendre part à une formation qu’il donne à sa base autonome durable. Sur place, Antoine rencontre six autres citoyens qui, comme lui, ont le désir d’être prêts à affronter toutes éventualités. Changements climatiques, épidémies, crises économiques, ils sont sur leurs gardes et veulent pouvoir protéger leurs proches. Comme le dit Alain : « Pour vivre, il faut survivre. »

La mort d’un des participants les amène à se remettre en question les uns les autres. Des péripéties inattendues s’ensuivent alors que la peur de l’autre prend le dessus.

Le déroulement imprévisible de l’histoire est certainement le point fort du film. Tout au long de mon visionnement, j’ai été surprise par la tournure des événements qui s’enchaînaient à grande vitesse. La rapidité avec laquelle les personnages doivent réagir à ce qui leur arrive nous entraîne dans un état de suspense et de stress. Le scénario nous tient en haleine jusqu’à la toute fin.

Des personnages particuliers

L’humanité des personnages nous implique dans l’histoire. On se reconnaît en eux à travers leur désir de se protéger et de protéger ceux qu’ils aiment. Dans les circonstances actuelles, avec la pandémie de la Covid-19, la vulnérabilité des personnages rend leur proximité avec le public encore plus grande.

De plus, la psychologie des divers personnages s’appuie sur un idéal commun : être équipé pour survivre quoi qu’il arrive. Les motifs derrière ce désir auraient pu être davantage développés dans la première partie du long métrage. Le survivalisme n’est pas un sujet très connu, encore moins la psychologie derrière ce mouvement. Outre la possibilité d’une catastrophe, qu’est-ce qui motive les gens à choisir ce mode de vie ?

Enfin, le dénouement du film nous mène à une prise de conscience. L’humain est fragile, il a besoin des autres pour survivre, mais il peut également être son pire ennemi. Les folies que la peur peut nous faire faire sont dépeintes de manière crue, sans artifice, et c’est ce qui est le plus fascinant dans Jusqu’au Déclin.