Le projet de loi nº 106 (PL 106) fait couler beaucoup d’encre depuis sa présentation à l’Assemblée nationale le 8 mai 2025. En effet, ce projet, intitulé Améliorer l’accès aux soins de santé, suscite la controverse en raison notamment d’un article visant à lier une partie de la rémunération des médecins à des indicateurs de performance. C’est en protestation face à la poursuite de ce projet de loi que les médecins spécialistes boycottent actuellement l’enseignement.

À l’heure actuelle, le groupe qui subit les plus forts contrecoups de ces moyens de pression correspond aux étudiants en médecine. Selon la doyenne de la Faculté de médecine de l’Université Laval, Mme Marie Arsenault, ce sont environ 50% à 70% des cours en formule magistrale ou en petits groupes du préexternat qui ont été annulés. Pour l’externat, ce sont environ 70% à 80% des stages qui ont été interrompus. Mme Arsenault rappelle tout de même que ces chiffres sont approximatifs étant donné le caractère variable de la situation.

Sur le terrain, le président du Regroupement des étudiants en médecine de l’Université Laval (RÉMUL), M. Justin Bujold reconnaît que les réactions sont assez variées. Les impacts de cette grève diffèrent également pour chacun.
Il n’en demeure pas moins que les étudiants sont de futurs médecins dont la pratique pourra être influencée par le PL 106. Ainsi, ils sont concernés par l’issue de ce conflit, tout en étant ceux qui subissent les conséquences de cette grève. Les étudiants en médecine en sont conscients selon M. Bujold. Il rapporte que les résultats d’un sondage de la Fédération médicale étudiante du Québec mené dernièrement auprès des étudiants en médecine de l’Université Laval faisaient état d’une majorité d’étudiants souhaitant « continuer à ne pas demander à la Fédération des médecins spécialistes de cesser la grève de l’enseignement ».
« Je pense que ça donne un peu le portrait qu’on est inquiets pour notre enseignement, mais on pense que la balle est dans le camp du gouvernement pour ce genre de changements », ajoute Justin Bujold.
Marie Arsenault, doyenne de la Faculté de médecine de l’Université Laval, explique que devant la situation, une cellule de crise a été mise en place. Elle mentionne que l’impact est plutôt global. « Il n’y a pas d’étudiants qui n’ont pas d’impact actuellement. […] On tient compte de cela, on est en contact régulièrement avec nos étudiants », souligne-t-elle. Mme Arsenault indique aussi que du support psychologique est offert.
« La balle est dans le camp du gouvernement »
— Justin Bujold
Concernant les activités d’enseignement, le président du RÉMUL rappelle que certains enseignants rendent disponibles des enregistrements de leurs cours donnés lors d’années précédentes. Cependant, plusieurs cours demeurent annulés sans modalités de reprise. Des options pourraient être envisagées pour les stages, mais elles demeurent limitées.
Malgré la durée d’un peu plus d’un mois des moyens de pression utilisés par la Fédération des médecins spécialistes du Québec, les étudiants de l’Université Laval continuent de les appuyer. Entre-temps, le processus de médiation entre les médecins spécialistes, les médecins omnipraticiens et le gouvernement du Québec a pris fin le 15 octobre dernier. Les omnipraticiens ont d’ailleurs rejoint leurs homologues spécialistes dans le boycott de l’enseignement. Il faudra suivre de près la situation afin de voir quelle issue pourrait être envisagée.

















