Héritages et mémoires. Les artéfacts retrouvés autour de la Place Royale, dans le Vieux-Québec, témoignent du mode de vie de nos ancêtres. Ils sont bien plus que de simples objets brisés ou fissurés du passé (image : Henri Paquette avec l’aide de Copilot / L’Exemplaire). ______________________________________________________________________________________________________ Ces fouilles n’auraient peut-être pas vu le jour si la Ville de Québec et Hydro-Québec n’envisageaient pas d’effectuer des travaux de réfection sur la rue de Buade. En raison de la Loi sur le patrimoine culturel, des fouilles archéologiques sont obligatoires avant que ne débutent ces travaux.
Le patrimoine archéologique de Québec est riche et témoigne de notre histoire. Selon des données gouvernementales, les artéfacts provenant de l’international qui ont été retrouvés à la Place-Royale depuis 1999 viendraient surtout du Royaume-Uni et de la France. En effet, Québec a été un pôle stratégique en Amérique du Nord sous l’égide de ces deux empires coloniaux. Des vestiges des colons, de leurs descendants et des Premières Nations reposent toujours sous nos pieds.
Plusieurs artéfacts découverts à Québec proviennent d’une vingtaine de lieux à travers le monde. Voyez leurs lieux d’origine (pays, continent ou indéterminé) et l’endroit où ils ont été trouvés (à proximité de la Place Royale ou ailleurs dans la ville). Infographie réalisée par Élyse Riverin / L’Exemplaire, avec les données du Ministère de la Culture et des Communications / Gouvernement du Québec

Un grand nombre d’artéfacts viendraient toutefois de pays non occidentaux. « Si on parle d’objets vraiment inusités qui viennent d’ailleurs, il faut mentionner les amulettes égyptiennes qui ont été retrouvées à L’Îlot des Palais », mentionne à titre d’exemple Véronique Marengère, zooarchéologue et coordinatrice pour Artefact urbain, l’entreprise qui a organisé des visites guidées sur le site de fouilles de la rue de Buade, en août dernier.
Infographie réalisée par Élyse Riverin / L’Exemplaire avec les données du Ministère de la Culture et des Communications / Gouvernement du Québec
Selon ces mêmes données, la majorité des artéfacts retrouvés à la Place-Royale sont en fait des objets de cuisine ainsi que des récipients. Selon Mme Marengère, ces objets en apparence anodins sont fondamentaux pour faire avancer la recherche historique.
En tant qu’archéologue spécialisée en restes d’animaux, elle accorde aussi beaucoup d’importance aux résidus alimentaires comme artéfacts. Ces derniers sont de bons témoins pour retracer les habitudes alimentaires, mais aussi culturelles, des gens de l’époque.

Conscientiser la population
« Pour les archéologues, faire des portes ouvertes au public, comme ce fut le cas pour la rue de Buade, ça permet d’expliquer leur travail et de mieux faire passer les contraintes liées au chantier, comme l’impact sur la circulation dans cette partie achalandée de la ville », explique Olivier Lalonde, archéologue et président de GAIA, coopérative de travail en archéologie. Cette initiative permet de conscientiser la population à l’importance des fouilles archéologiques, croit-il.

Cependant, ces archéologues font tout de même face à des difficultés en exerçant leur métier. Ceux qui font de la « surveillance archéologique » sur des chantiers de construction subiraient parfois des pressions de la part d’entrepreneurs qui souhaitent que les travaux avancent plus vite, déplore Mme Marengère.
La ville […], ça ajoute une difficulté!
– Aïda Romera Barbera
Dans le cas des fouilles sur la rue de Buade, cette dernière est bloquée à moitié. « La ville continue de vivre autour du chantier. Les voitures, les camions, les piétons… ça ajoute une difficulté », exprime la doctorante et chargée de cours en archéologie à l’Université Laval, Aïda Romera Barbera, qui travaille sur ce site de fouilles. La cohabitation devient un enjeu dans ce milieu névralgique du Vieux-Québec, où beaucoup de commerçants ont pignon sur rue.

Les fouilles archéologiques sur la rue de Buade se poursuivront jusqu’en décembre. Pour le moment, les détails concernant les sépultures d’enfants découvertes demeurent très sommaires. Soulignons aussi qu’un mystère plane toujours sur l’emplacement du tombeau de Samuel de Champlain.
Note : Les images créées par intelligence artificielle (IA) sont le résultat d’un exercice obligatoire dans le cadre d’un des cours de la formation en journalisme de l’Université Laval.

















