Cette diminution de la participation s’élève à plus de 5 % dans la Capitale-Nationale entre les élections de 2017 et celles de 2021, selon les données d’Élections Québec. Même si la Ville de Québec affiche un taux de participation plus élevé que la plupart des municipalités avoisinantes, la situation ne devrait tout de même pas être banalisée, selon le directeur général d’Élections Québec, Jean-François Blanchet. Cette baisse marquée de 5% entre les deux dernières élections s’est traduite par un taux de participation inférieur à la moyenne québécoise, soit de 38,7 %, dans certains districts.

C’est notamment le cas dans Maizerets-Lairet où le taux est passé de 40,16 % à 36,44 %. Néanmoins, ces chiffres doivent être nuancés : ce district se trouvait déjà sous la moyenne provinciale aux élections de 2017, qui était de 44,8 %. « Globalement, je n’ai pas d’inquiétude particulière concernant les districts où le taux est moins élevé. À ces endroits, le taux de participation est équivalent à la moyenne québécoise », affirme M. Jean-François Blanchet.

Un jeune électeur de la municipalité de Québec qui s’apprête à déposer son vote dans l’urne (Image créée à l’aide de l’intelligence artificielle par Ange-Laurence Brassard, via ChatGPT pour l’Exemplaire).
Voter ou ne pas voter aux municipales ? Telle est la question, pour les jeunes Québécois (image : Ange-Laurence Brassard via ChatGPT / L’Exemplaire).

Selon le directeur général d’Élections Québec, plusieurs enjeux doivent être pris en considération pour évaluer cette baisse et ainsi faire augmenter la participation à l’avenir. À commencer par « l’accès à l’information », « la compréhension du rôle électoral » ainsi que « la représentation de la population aux élections ». Toutefois, il précise qu’il reste difficile d’établir une relation de cause à effet pour expliquer cette baisse, et ce, malgré les différents sondages et études réalisés. Selon M. Blanchet, il faut « évaluer le profil sociodémographique de l’électorat et réviser le choix des lieux de vote pour s’assurer que ce n’était pas un frein à l’exercice du droit de vote ».

Il faut tout de même rappeler que Québec enregistre l’un des plus hauts taux de participation aux élections, le faisant même dépasser les 50 %, dans certains districts. C’est le cas de Montcalm-Saint-Sacrement, qui se situe confortablement au-dessus de la moyenne québécoise, à 57,41 %, et dont le taux est resté plutôt stable au cours des dernières années.

La carte démographique de la ville de Québec permet de visualiser le taux de participation pour chaque district en 2017 et 2021 (d’après les « statistiques des élections précédentes » de la ville de Québec). 

Où sont les jeunes ?

Les jeunes de 18 à 25 ans constituent la catégorie démographique qui vote le moins aux élections municipales, une donnée qui n’échappe ni à Élections Québec ni aux candidats à la mairie qui tentent de les réintéresser aux enjeux municipaux. 

Les jeunes se posent des questions : doivent-ils aller voter (image : Marianne Poitras avec l’aide de ChatGPT / L’Exemplaire).
Les jeunes se posent des questions : doivent-ils aller voter (image : Marianne Poitras avec l’aide de ChatGPT / L’Exemplaire).

À cet effet, le 16 octobre dernier, l’Université Laval a accueilli certains candidats dans un débat. Interrogés sur les moyens mis en place par leur parti pour renforcer la participation des jeunes à la vie politique, les candidats s’entendent de façon générale pour dire qu’il y a un souci d’intégrer les jeunes à la politique municipale. Plusieurs partis prônent la représentation des jeunes dans leurs rangs. C’est le cas notamment du maire sortant, Bruno Marchand, qui affirme qu’il faut « des jeunes qui représentent les jeunes », et de Claude Villeneuve, de Québec D’abord, qui se dit conscient que « ça prend de la diversité dans nos lieux de décision ».

Du côté d’Élections Québec, le taux de participation chez les jeunes est un enjeu au cœur de leurs préoccupations. C’est dans cet effort de sensibilisation que s’inscrit la campagne d’incitation au vote aux élections, qui vise particulièrement ce groupe d’âge. M. Blanchet précise qu’ils tentent de modifier leur approche auprès des jeunes pour mieux le rejoindre, notamment grâce à une présence accrue sur les réseaux sociaux, à l’adaptation des publicités qui leur sont destinées et à l’ajout de contenu différent et mieux adapté.

Quatre partis, soit Transition Québec, Respect Citoyen, Québec, forte et fière et Québec d’abord, ont partagé les actions qu’ils mettront en place, s’ils sont élus, pour favoriser la participation des jeunes en politique.

 

Les quatre autres candidats à la mairie de Québec étaient absents lors du débat et ne se prononcent pas sur cette question dans leur programme électoral.