Bien qu’un consensus entre près de 200 pays se soit conclu lors de la dernière journée, celui-ci est déjà critiqué pour l’absence d’engagements fermes visant à éliminer l’utilisation des énergies fossiles. Introduits à la COP28 de Dubaï en 2023, les pays négociateurs avaient, pour la première fois, inclus dans leur consensus une mention à leur désir de « transitionner hors des énergies fossiles ». En comparaison, l’entente de Belém ne propose qu’une référence indirecte au plan de sortie des énergies fossiles et à l’entente de Dubaï. Cette fois-ci, l’Inde, l’Arabie saoudite, la Russie et d’autres pays producteurs de pétrole n’ont pas voulu faire de compromis.
C’est donc avec regret qu’aucun engagement contraignant n’a été pris pour diminuer la pollution carbone. Le texte appelle seulement à accélérer l’action des gouvernements contre le réchauffement climatique de façon « volontaire ». Le commissaire européen au climat, M. Wopke Hoekstra, affirme aux journalistes sur place à Belém après les négociations de samedi : « Nous n’allons pas cacher que nous aurions préféré davantage, et plus d’ambition sur tout ». Cette décision était loin de ce qu’avaient espéré plus de 80 pays européens, latino-américains et autres.
Consensus
Pourtant, ce consensus n’est pas nécessairement signe d’échec. Le politologue de l’Université Laval et spécialiste de la gouvernance mondiale de l’environnement, Jean-Frédéric Morin, a épluché avec son équipe de recherche environ 700 accords environnementaux. Il a analysé ce qui faisait d’une entente un succès. « Un accord est presque toujours décevant initialement », souligne-t-il.
Jean-Frédéric Morin rapporte qu’il est difficile d’obtenir, du premier coup, des accords ambitieux tant par leurs effets que par le nombre de participants. Il affirme qu’il est préférable d’avoir une entente qui sera audacieuse ou fédératrice, et qui pourra s’adapter à travers le temps : « Le secret, c’est de mettre dès le début un ingrédient actif qui fait en sorte qu’au fil du temps, un accord va évoluer et ne va pas être stagnant, et donc, au final, gagner en ambition et/ou gagner en participation. »
Il faut aussi souligner que le nouveau texte prévoit de tripler l’aide financière offerte aux pays en voie de développement d’ici 2035, alors que l’objectif précédent était de 40 milliards par an.
La COP30 s’est terminée le vendredi 21 novembre, mais un incendie a forcé l’évacuation des lieux et a nécessité une séance extraordinaire le 22 novembre pour conclure les négociations. Il aura fallu une journée supplémentaire pour parvenir à un accord.















