Le résultat est surprenant. Les sondages plaçaient en effet la formation politique de Javier Milei au coude-à-coude avec Fuerza Patria, sans compter l’écrasante défaite qu’elle avait essuyée en septembre dernier lors des élections provinciales de Buenos Aires. Cette déconvenue laissait planer un doute sur la capacité de La Libertad Avanza de remporter les législatives. Mais finalement, Javier Milei en ressort plus fort que jamais.

Federico Chaves Correa, doctorant en science politique à l’Université Laval (photo : Faculté des sciences sociales de l’Université Laval).

Au total, ce sont 127 des 257 sièges de la Chambre des députés et 24 des 72 sièges du Sénat qui ont été renouvelés à la fin du mois d’octobre. La Libertad Avanza a réussi à consolider son bloc au Congrès, passant de 39 à 95 députés et de 6 à 20 sénateurs.

« C’est significatif. Ça engendre un changement du jeu politique. Ça donne beaucoup de flexibilité à Milei en matière de réformes, parce qu’il a moins besoin de négocier pour faire passer ses politiques », explique Federico Chaves Correa, doctorant en science politique à l’Université Laval. Avec plus du tiers des sièges à la Chambre des députés, La Libertad Avanza a désormais un poids politique suffisant pour permettre au président d’imposer ses vetos.

 

Ces élections ont aussi été marquées par l’implication du président des États-Unis Donald Trump. La Maison-Blanche a promis près de 40 milliards de dollars américains afin de stabiliser le peso argentin. Une aide financière qui était toutefois conditionnelle à un bon résultat de Milei aux élections législatives. Cela a valu des critiques à l’endroit du président argentin, notamment de la part du média conservateur La Natión, qui y voit une « ingérence » « dans le marché des changes, dans l’économie, dans la politique et dans les élections », d’après RTBF Actus.

Avec cette victoire relative — 37 % des sièges à la Chambre des députés et 28 % au Sénat —, Javier Milei profitera d’une situation plus favorable pour faire progresser ses réformes radicales de libéralisation de l’économie. Selon Federico Chaves Correa, il est probable que Milei priorise sa réforme du droit du travail d’ici la fin de son mandat. « C’est vraiment nécessaire, parce qu’il y a des lois qui sont très anciennes, et qu’il faut moderniser tout l’appareil légal », admet le doctorant.

Réforme pénale

Le président argentin pourrait aussi aller de l’avant avec une réforme pénale. « En Argentine, on devient pénalement responsable à partir de 16 ans, et maintenant, il y a des discussions pour abaisser [l’âge de cette responsabilité] à 14 ans. L’idée, c’est de créer un Code qui est plus punitif », explique Federico Chaves Correa. Des réformes fiscales et des réformes du système de protection sociale sont aussi dans la mire de l’exécutif argentin.

Les Argentins retourneront devant les urnes en 2027, cette fois dans le cadre d’une élection présidentielle où Javier Milei devra défendre son bilan comme président sortant.