L’annonce est officielle depuis le 1er décembre. Selon l’OMS, plus d’un milliard de personnes dans le monde lutteraient contre le fléau de l’obésité. L’Organisation mentionne que les médicaments contenant des molécules analogues au GLP-1 — une hormone normalement produite par l’intestin pour « réguler la glycémie et ralentir la digestion » — peuvent donc être utilisés par un adulte pour traiter l’obésité à long terme, à l’exception toutefois des femmes enceintes. Cette recommandation demeure conditionnelle à la collecte de davantage de données, afin de préciser l’efficacité et l’innocuité des traitements sur une longue période. Au Canada, la firme de sondage Ipsos recense 1,4 million de patients détenant d’une prescription pour ce type de molécules.
Diminuer le risque d’obésité entraînerait potentiellement une réduction des maladies cardiaques, de certains cancers, de la dépendance à l’alcool et même de la maladie d’Alzheimer. Combinée à un bon mode de vie, l’efficacité de ce traitement dépasse largement celle des autres options offertes pour la perte de poids, parce qu’il agit sur l’organisme d’une manière inédite👇.
Comme l’intérêt pour ce type de médicaments — appelés aussi sémaglutides — ne cesse de croître, que leur coût est élevé et qu’ils ne sont pas toujours pris en charges par les assurances collectives, l’émergence d’un marché noir inquiète. Ce dernier partirait d’Asie où la molécule est facilement accessible et à moindre coût. La formule serait ensuite reproduite en laboratoire, ici au Québec, avec des concentrations hors de tout contrôle. Les seringues seraient vendues sans ordonnance pour environ le quart du prix en pharmacie. Les risques de dérapage et le danger réel sur la santé, car le produit agit directement sur la régulation de la glycémie des personnes, sont donc bien réels.
Il faut cependant noter que les analogues au GLP-1 déjà bien connus pour traiter le diabète de type 2 et maintenant utilisés pour perdre du poids, changent des vies et les — mauvaises — habitudes qui vont avec. Les changements s’observent même dans les chaînes de restauration rapide. Jordan LeBel, professeur en marketing alimentaire à l’Université Concordia à Montréal, mentionne dans La Presse Canadienne via Le Devoir qu’effectivement les gens font des choix plus sensés, par exemple en remplaçant les frites par une salade. On lit aussi dans cet article que la société d’étude de marché Kantar, lors d’un sondage réalisé en 2024 auprès de 500 Canadiens utilisateurs des GLP-1, affirme que 42% d’entre eux choisissent désormais des aliments plus sains.
Rappelons que l’encadrement médical est essentiel afin de bien contrôler les possibles effets secondaires de ce médicament coûteux qui nécessite d’être pris toute la vie durant.

















